Les Deux Amies –

Les Deux Amies par Tamara de Lempicka, 1923.

Cette oeuvre aux dimensions imposantes (1m30 sur 1m60) représente uns scène d’amour et d’orgasme dans une ville « cubiste » qui marque un tournant dans l’histoire de la représentation du couple de femmes.

Pour la première fois, en effet, le couple est montré dans la cité, intégré au monde civilisé moderne et non plus dans l’alcôve, le harem ou le monde sauvage et mythologique de la forêt. Derrière les deux femmes se dressent des immeubles modernes traités de manière cubiste qui contrastent curieusement avec la paix charnelle qui émane des deux femmes aux corps puissamment architecturés. En fait, tout le tableau est construit sur le contraste entre la cité cubiste aux angles aigus et aux lignes brisées, et les corps des femmes traités en courbes et en volumes. Contraste, ou plutôt mise en perspective, si l’on se réfère au  titre de Perspective sous lequel le tableau fut exposé. La cité est-elle brisée parce qu’elle refuse toujours de reconnaître l’amour entre femmes ? Une cité à l’univers d’autant plus chaotique que s’impose à nous, avec une majesté presque impudique, l’orgasme pacifiant des amantes .

(Extrait de Les Deux Amies, essai sur le couple de femmes dans l’art, Editions Blanche, 2000, p. 199.)

L’Art et le Féminisme en France dans les années 1970

Hommage à Aline Dallier-Popper (1927-2020)

Rencontre à la Galerie Arnaud Lefèbvre, rue des Beaux Arts à Paris, le 9 mars 2022, dans le cadre de l’Hommage à Aline Dallier (1927-2020), pionnière de la critique artistique féministe et historienne de l’art des femmes. Commissaire de l’exposition, Diana Quinby.

Interventions des artistes et historiennes d’art: Christine de Buzon pour le groupe Femmes/arts et Françoise Eliet, Cristina Martinez, Mathilde Ferrer, Thérèse Ampe-Jonas, Eugénie Dubreuil, Françoise Py, Anouk Chambart, ean-Clarence Lambert, Claude Bauret-Allard, Danièle Blanchelande, Liliane Camier, Dorothée Selz, Vincent Enjalbert.

Un catalogue est édité. Avec les exposantes : Thérèse Ampe-Jonas, Claude Bauret Allard, Danièle Blanchelande, Bernadette Bour, Charlotte Calmis, Liliane Camier, Christiane de Casteras, Colette Deblé, Françoise Eliet, Esther Ferrer, Monique Frydman, Aline Gagnaire, Hessie, Sara Holt, Françoise Janicot, Monique Kissel, Maria Klonaris et Katerina Thomadaki, Marie-Rose Lortet, Léa Lublin, Milvia Maglione, Cristina Martinez, Vera Molnar, ORLAN, Aline Ribière, Dorothée Selz, Nancy Wilson-Pajic, Nil Yalter.

et les témoignages de personnes qui ont connu Aline Dallier-Popper :(Dominique Berthet, Marie-Jo Bonnet, Christine de Buzon, Daniel Danétis, Fabienne Dumont, Mathilde Ferrer, Jean-Clarence Lambert, Gilbert Lascault, Gloria Orenstein, Françoise Py, ainsi que de plus jeunes chercheurs-euses pour qui les écrits d’Aline Dallier ont été importants (Zélia Bajaj, Anouk Chambard, Vincent Enjalbert, Franny Tachon). Le catalogue intègre également la version intégrale d’une interview d’Aline Dallier, réalisée en 2009 par Diana Quinby. Dans un entretien récent, l’artiste Tania Mouraud raconte sa longue relation amicale avec Aline Dallier, qui remonte au début de leurs carrières respectives.

Marie-Jo Bonnet, Entretien avec Claire Tencin sur La Maternité symbolique

Pour l’écouter, copier le lien:

Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=CUevky9zTAY&t=28s

sur le site : https://ardemment.fr/medias/


Beaucoup de femmes ont une mère symbolique mais n’en parlent pas faute d’avoir identifié son rôle dans leur vie. Elle concerne des relations de confiance et d’initiation vécues entre générations différentes indépendamment du lien biologique. Exemple : Les maraines, les écrivaines, les peintres, les militantes de l’écoféminisme, les guérisseuses, les guides spirituelles, les chamanes, les psychanalystes, etc. Je souhaite montrer leur importance dans notre société.

article de Florent Georgesco, Le Monde des Livres, 27 novembre 2020:

La Maternité symbolique-Etre mère autrement

Sortie 1er octobre 2020, Édition Albin Michel

Après la remise en question de la maternité obligatoire par les féministes dans les années  1970,  après la conquête, pour la première fois de l’histoire, de la maîtrise de leur fécondité par les femmes elles-mêmes, on assiste à un retour en force de l’injonction à la maternité par un marché de l’assistance à la procréation de plus en plus puissant. Mais ce retour se fait de manière très paradoxale par la disparition du mot mère au profit de sigles tels que GPA ou PMA. On peut même se demander, questionne Marie-Jo Bonnet, s’il ne s’agit pas d’une forme de matricide délibérée, qui s’attaque à la puissance maternelle des femmes. En même temps, les femmes déclarées stériles ou infertiles ou celles qui ne veulent pas faire d’enfants subissent encore une sorte d’opprobre sociale. Comment en est-on arrivé là ? Quelles réponses apporter ? Marie-Jo Bonnet vient nous rappeler que la maternité ne se réduit pas à la seule dimension biologique.

Après la remise en question de la maternité obligatoire par les féministes dans les années  1970,  après la conquête, pour la première fois de l’histoire, de la maîtrise de leur fécondité par les femmes elles-mêmes, on assiste à un retour en force de l’injonction à la maternité par un marché de l’assistance à la procréation de plus en plus puissant. Mais ce retour se fait de manière très paradoxale par la disparition du mot mère au profit de sigles tels que GPA ou PMA. On peut même se demander, questionne Marie-Jo Bonnet, s’il ne s’agit pas d’une forme de matricide délibérée, qui s’attaque à la puissance maternelle des femmes. En même temps, les femmes déclarées stériles ou infertiles ou celles qui ne veulent pas faire d’enfants subissent encore une sorte d’opprobre sociale. Comment en est-on arrivé là ? Quelles réponses apporter ? Marie-Jo Bonnet vient nous rappeler que la maternité ne se réduit pas à la seule dimension biologique.

La maternité symbolique a toujours existé : mettre au monde des idées, des œuvres d’art, des livres, l’enfant intérieur ; aider à grandir, prendre soin de l’autre, guérir les âmes… la culture patriarcale le sait qui a limité cette maternité symbolique aux figures de Vierges rédemptrices et miséricordieuses, entretenant la séparation entre le corps (maternel) et l’esprit (divin). Ce qui explique pourquoi la maternité symbolique est si peu connue…

Si on a pu croire que l’accès des femmes à la maitrise de leur fécondité allait permettre de vivre enfin la libre maternité, il a fallu déchanter. Les techniques de procréation artificielle ont repris le contrôle du corps des femmes, réactivant la hantise de la stérilité tout stigmatisant les femmes qui n’ont pas d’enfants.

Des cultes aux déesses mères à la maïeutique Socratique, en passant par Thérèse d’Avila, Jeanne Guyon ou plus près de nous Charlotte Calmis, la Mère d’Auroville, Niki de Saint Phalle, l’éco-féminisme et les Chamanes, Marie-Jo Bonnet ouvre le débat en montrant que la maternité symbolique fait partie de l’expérience universelle. Elle est à la fois une alternative à la maternité obligatoire et un moyen d’exprimer son élan créateur, qu’il soit mystique, artistique ou guérisseur.

Exposition « La vraie vie est ailleurs » au musée des Beaux arts de Brest-

Marta Pan, Les Lacs, 1988, rue de Siam à Brest.

Le musée des Beaux arts de Brest, dirigé par Sophie Lessard, organise une exposition en liaison avec celle du Musée des Beaux-arts de Rennes dédiée aux Créatrices, l’émancipation pour l’art.

Elle a lieu du 29 juin 2019 au 5 janvier 2020 sur le thème :

« La vraie vie est ailleurs – Artistes femmes autour de Marta Pan : Simone Boisecq, Charlotte Calmis, Juana Muller, Vera Pagava, Judit Reigl. »

Cette exposition, dont le commissariat est assuré par Marie-Jo Bonnet, historienne de l’art et des femmes, rend hommage aux artistes étrangères, nées « ailleurs » ou hors métropole, qui ont eu le courage de quitter leur terre natal pour venir vivre en France l’aventure de la création artistique.

Elles ont aussi choisi l’abstraction comme mode d’expression privilégié de cet « ailleurs » qu’elles cherchaient dans leur art et dans la vie.

L’exil volontaire est toujours une expérience risquée… et féconde. Pour ces artistes assoiffées de liberté, elle va devenir un vecteur d’émancipation incomparable qui les jette dans l’inconnu pour s’obliger, peut-être, à s’appuyer sur le potentiel créateur présent en chacune et chacun d’entre nous.

Les 6 artistes qui nous présentons au musée des Beaux arts de Brest à travers 44 œuvres originales, sont arrivées en France entre 1920 et 1950. Que ce soit par la sculpture, comme Marta Pan avec « Lacs » de la rue de Siam, (1988) qui sont devenues une des grandes fiertés de la ville, par la peinture, le collage, et même la poésie, elles ont créé un univers singulier aux résonnances contemporaines qui montre l’importance de la création des femmes dans le rayonnement artistique de notre pays.

« Créatrices, l’émancipation par l’art » exposition au Musée des Beaux-arts de Rennes du 29 Juin au 29 Septembre 2019

Calmis, Coudrage jaune, 1954, col. particulière

Au musée des Beaux-Arts de Rennes, du 28 juin au 29 septembre 2019, se tiendra l’exposition Créatrices, l’émancipation par l’art, avec 80 œuvres Moyen-Age à nos jours (peinture, sculpture, dessin, installation). Commissaire Marie-Jo Bonnet

Cette grande exposition féministe dédiée aux Créatrices est un événement à plus d’un titre. Privilégiant une approche thématique sur une longue durée, elle met en lumière la fonction émancipatrice de l’art, à l’instar de Niki de Saint Phalle qui donna le « pouvoir aux Nanas ». Plus de 80 œuvres se déploient à travers cinq grandes questions :

Comment se libérer de sa condition féminine en bravant les interdits, ainsi que l’ont fait Camille Claudel et ORLAN ? En quoi la représentation de soi  peut-elle prendre une dimension politique en faveur de la reconnaissance  des femmes peintres, tel que le montre par exemple Elisabeth Vigée Le Brun au XVIIIe siècle ? Comment renaître de la violence subie – sexuelle ou politique – en « devenant artiste », ainsi que l’a initié Artemisia Gentileschi ? Et il n’est pas jusqu’à l’art textile qui ne remette en question la vision stéréotypée des genres, en suscitant le travail avant-gardiste d’un féminin rebelle. Dernier thème, rarement exploré dans les expositions,  la question de la spiritualité en art, qui est source d’énergie créatrice pour de nombreuses artistes dans le sillage des visionnaires du Moyen Age. De cette exposition, émerge le formidable apport novateur des femmes, par l’utilisation de nouveaux matériaux et une radicale liberté créatrice.

Commissaires : Marie-Jo Bonnet, historienne et historienne d’art, auteure de nombreuses publications sur les artistes femmes et Anne Dary, Directrice honoraire du musée des Beaux-Arts de Rennes.

Comité scientifique composé de Judith Cernogora, conservatrice du patrimoine, Marianne Le Morvan, directrice des archives Berthe Weil, Marie Robert, conservatrice du patrimoine, musée d’Orsay, Frédérique Villemur, Historienne de l’art, ÉNSAM de Montpellier, Macha Paquis, agrégée en arts plastiques.

L’exposition sera accompagnée d’un catalogue rédigé par Marie-Jo Bonnet publié aux Editions Ouest-France.

Créatrices, l’émancipation par l’art- exposition au Musée des Beaux-arts de Rennes en2019

Je prépare au musée des Beaux-Arts de Rennes pour l’été 2019 (29 juin-29 septembre) une grande exposition « Créatrices, l’émancipation par l’art« , dont je suis la commissaire avec Anne Dary, directrice du musée.

On y verra plus de 80 oeuvres (depuis le Moyen Age) dont: Louise JANIN, « Dragon volant au-dessus de Kwen Lun », 1924,

Louise Janin et Marie-Jo Bonnet en 1993

« Echange des cultures et Génocides » Marseille -11-13 juillet 2018

Odette Abadi 1914-1999-Résistante juive, auteur de « Terre de détresse ».

Bonjour –  Je participe à l’Université d’été d’ARES – « Echange des cultures et Génocides » – Du 11 au 13 juillet 2018 à l’ESPE de Marseille, 63 La Canebière

Jeudi 12 JUILLET Sous la présidence de Gérald Attali, Inspecteur Pédagogique Régional d’histoire et géographie.

 

9H-10H30 Deuxième table ronde : les échanges dans les camps

Marie Jo Bonnet , historienne, L’amitié féminine à Birkenau : de la survie à la « sororité » citoyenne trans-familiale.

Renée Dray-Bensousan, historienne , Académie de Marseille, Les échanges culturels autour de la créativité des femmes dans les camps….