jan 302015
 

 

A la librairie Ombres blanches, de Toulouse, vendredi 27 mars 2015

Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Odette Abadi, Simone Veil, Margarete Buber-Neumann, Odette Fabius, Marie-Jo Chombart de Lauwn, toutes les déportées témoignent de l’importance de l’amitié comme vecteur de survie, que ce soit à Ravensbrück, Auschwitz-Birkenau ou dans les commandos de travail forcé.

« On ne pouvait pas vivre seules », disent-elles et nous découvrons dans ce livre comment elles ont pu s’appuyer sur une amie, une sœur, une mère, une religieuse, un groupe de résistantes patriotes, ou une inconnue dont un geste d’affection a pu les sauver du naufrage.

Plus forte que la mort – Ed. Ouest-France

Acte de résistance à la deshumanisation, l’amitié est aussi l’expression d’une expérience nouvelle de sororité/fraternité, qui tisse un lieu social « plus profond » que celui qu’elles connaissent à travers la solidarité familiale, politique, voire la sexualité. Par delà les clivages sociaux qui subsistent, de manière parfois choquante entre les déportées de nationalités différentes ou entre triangles rouges françaises et triangles noirs allemandes,  « politiques » et « asociales », par delà l’extrême misère générée par la violence nazie, l’amitié demeure cette force de vie humaine et sociale qui les sort de leur statut de victime.

www.leveildelisieux.fr leveildelisieux.fr

Marie-Josèphe Bonnet est docteur en histoire, historienne d’art, écrivaine et conférencière. Elle a soutenu la première thèse d’histoire des femmes sur « Les relations amoureuses entre les femmes du XVI au XXe siècle » à l’université de Paris VII, plusieurs fois rééditée. Elle est l’auteur d’une quinzaine de livres et de nombreux articles sur l’émancipation des femmes, l’art, la Résistance et l’Occupation.

Présidente de la Délégation de Paris des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD) de 2013 à 2015, elle est commissaire de l’exposition « Lutetia 1945, le retour des déportés ».

déc 042014
 

Hommage et Honneur (bien tardif) à la vaillante Rose, « attachée bénévole » à la galerie nationale du Jeu de Paume, qui a résisté dans l’ombre, pendant que la plupart des responsables des milieux artistiques quittaient Paris. Elle a  noté tous les tableaux volés par les dignitaires du Reich. Ils ont pu être restitué, mais pas tous….

Histoire à suivre à l’honneur des femmes résistantes qui, je le rappelle, n’avaient pas été jugés dignes par le pouvoir masculin de jouir des droits politiques « universels ».

Ici a vécu

Rose Valland 1898-1980

Conservateur des musées nationaux

Résistante

Son action pendant l’Occupation

A permis la sauvegarde

des collections du Musée du Jeu de Paume

et la restitution

des oeuvres d’art spoliées

 

nov 202014
 

Histoire d’amour féminines…

voir aussi:

http://www.tvnc.tv/Rencontre-avec-Marie-Jo-Bonnet-historienne_v718.html

Durée : 39min 36sec | Postée : 14/11/2014 | Chaîne : Rencontres & Débats
Rencontre avec Marie-Jo Bonnet
Normande, universitaire, historienne, féministe, militante…
… pourtant inclassable et tellement plus !
juin 182014
 

un extrait vidéo sur ce lien

http://la-feuille-de-chou.fr/archives/68201

et un montage d’une heure sur youtube par Cécilia Montagut:

http://m.youtube.com/watch?v=3m_npzU2pNY

 

Interventions de Irène, présidente de La Lune, Pinar Selek, Marie-Jo Bonnet, Paola Guazzo, Raquel Osborne et débat avec la salle

mar 262014
 

‘ai le plaisir de vous informer de la sortie de mon article dans le n° 89 de PATRIMOINE NORMAND avril, mai juin 2014.

Robert Catalan, le mystérieux « Robert de l’Eure »

Brassard de DMR de Robert Catalan (1922-1980)

70 ans après le débarquement allié en Normandie, on est toujours étonné de découvrir des résistants ayant joué un rôle important dans le maquis, mais dont les noms ont été mystérieusement oubliés. En cette année 2014 placée sous le signe du souvenir, portrait des actions de l’un de ces héros méconnus.
Sa famille est originaire d’Istanbul, jeune instituteur, il se cache en Normandie pour échapper à la répression antisémite et devient délégué militaire régional par intérim en Normandie et le lien avec Londres du maquis Surcouf,

voici le lien:  http://www.patrimoine-normand.com/index-fiche-47225.html

 

mar 162014
 

http://basse-normandie.france3.fr/emissions/pomme-gratter/actu/pomme-gratter-s-interesse-la-resistance-normande-ce-samedi-26-avril.html-0

Conférence à Villers sur Mer (14)

MERCREDI 16 avril 2014 à 18h au Cinéma du Casino – Conférence de Marie-Josèphe Bonnet, organisée par l’Office de Tourisme et d’Animation de Villers sur mer.

Malgré l’absence d’encadrement, malgré l’arrestation des communistes et des « otages juifs » dès 1941, en dépit d’une omniprésence  des troupes d’occupation et de la mise en place d’une « zone interdite », la résistance a commencé dès 1940 dans le Pays d’Auge avec le sauvetage des militaires alliés (Honfleur).
Mais c’est surtout en 1943 à travers la lutte contre le STO, le renseignement militaire et la préparation du débarquement qu’elle s’organise autour du réseau Jean-Marie-Buckmaster, dirigé par le SOE britannique et dans la région de Dives du réseau franco-belge Zéro France.

Amable Lepeu, chef du réseau Zéro France à Dives sur mer

 

Inflitré par des agents doubles, le réseau Jean-Marie perdra une soixantaine de membres à l’automne 1943 tandis que Zéro France sera décapité au printemps 1944.
On se demandera si le Pays d’Auge n’a pas été un des champs d’affrontement d’une stratégie alliée qui souhaitait marginaliser les FFI afin d’avoir les mains libres pour le débarquement. Parachutages d’armes destinées aux réseaux contrôlés par les Anglais, d’un côté, démantèlement de la résistance intérieure par un occupant implacable, de l’autre, et au milieu une population désarmée obligée d’attendre les libérateurs tout en subissant la terrible pression militaire. La résistance du Pays d’Auge n’a t-elle pas été sacrifiée ?

(Avec projection de documents d’archive).

 

nov 042013
 

Tortionnaires, truands et collabos, La Bande de la rue de la Pompe 1944

Si l’épopée de la Libération de Paris est aujourd’hui bien documentée, il n’en est pas de même de sa face sombre, c’est-à-dire du tribut qu’ont dû payer les résistants arrêtés par les gestapos durant les trois mois de la bataille de Normandie.

Celle de la rue de la Pompe est très peu connue alors qu’elle n’a rien a envier à celle de la rue Lauriston, ou de la rue des Saussaies.

En quatre mois, du 17 avril au 17 aout 1944, une équipe de 44 auxiliaires français dirigés par l’Allemand Friedrich Berger a arrêté plus de 300 résistants, torturé la majorité d’entre eux pour leur extorquer des renseignements, déporté 163 hommes et femmes, sans parler de ceux qui sont morts sous la torture ou fusillés. Au cours du procès de la Gestapo de la rue de la Pompe au tribunal militaire, on dénombrera 110 morts dont 60 fusillés à Paris, parmi lesquels se trouvent les 42 jeunes gens fusillés à la cascade du bois de Boulogne le 16 aout 1944.

Maurice Loebenberg (1916-1944) et Jean Desbordes (1906-1944) APPP

Les tortures, d’une violence inouïe, ont tué plusieurs résistants dans l’immeuble même du 180 rue de la Pompe réquisitionné par Berger. Je pense à Jean Desbordes (1906-1944), alias Duroc, du réseau polonais F2, homme de lettres, secrétaire et amant de Cocteau avec lequel il vécut cinq ans, arrêté le 5 juillet 1944 avec vingt cinq de ses camarades, dont Catherine Dior, la sœur du grand couturier, et qui est mort sous la torture le lendemain. Un autre résistant, membre de du Mouvement de Libération Nationale, du Plutus et de l’Organisation Juive de Combat est également mort sous la torture le 18 juillet 1944. Il s’agit de Maurice Loebenberg (1916-1944), alias Cachou, dont le corps sera retrouvé dans un buisson du bois de Verrières.

Deux jours plus tard, Wlodzimierz Kaczorowski(1892-1944), du réseau POWN-Monika, ex attaché du consulat général de Pologne, arrêté le 14 juillet, meurt à l’hôpital de la Pitié des suites de ses tortures. C’est d’ailleurs un Polonais, M. Kedzierski, chef de service à la Délégation du gouvernement polonais à Paris, qui déposa une plainte auprès du Procureur de la République le 9 septembre 1944, donnant lieu à une commission rogatoire du juge Jadin grâce à laquelle une enquête judiciaire est déclenchée dès le 16 septembre 1944 tandis que la justice militaire s’empare elle aussi du dossier.

Wlodzimierz Kaczorowski 1892-1944 (APPP)

Il faut également citer les noms du général Bruncher, alias Félix, du colonel Zarapoff, du réseau Voix du Nord, de Pierre Schweitzer, futur directeur du Fonds monétaire international, de France Pejot la future mère de Jean-Michel Jarre, Georges Bruhat, directeur adjoint de l’Ecole Normale Supérieur, Nicole Clarens et le docteur Blanchet, de Chelles, abattu dans le bureau de Berger le soir du 16 août. Le lendemain, la bande de la rue de la Pompe s’enfuit en Allemagne après avoir assassiné une quarantaine de jeunes résistants catholiques et communistes à la cascade du Bois de Boulogne et rue Leroux. Elle fera encore de nombreuses victimes sur son chemin, comme à Sainte Menehould, le 24 aout.

L’étude des différentes sources d’archives (Préfecture de Police de Paris, Archives militaires, Archives nationales, SHD Vincennes, Mémorial de la Shoah…) se révèle particulièrement intéressante car elle nous livre un aspect de la résistance parisienne peu connu, celle d’une pluralité de réseaux qui nous donne une image bien différente que celle qui avait été construite. A côté des FFI, des FTP et des réseaux gaullistes, des forces essentielles ont participé au combat de la Libération. Le NAP, Noyautage des administrations publiques qui prépare la prise de pouvoir insurrectionnel, réseau polonais F2, qui s’était reconstitué avec de nombreux français après son démantèlement en 1942, le réseau polonais POWN-Monica, l’Organisation Juive de Combat (OJC) rassemblant de nombreux Juifs venus de différents pays étrangers, le réseau Coty et le Comité d’Action contre la Déportation (CAD), dont l’action est peu connue, hormis le fait qu’il a été fondé par Yves Farges.

De nombreux étrangers ont ainsi participé à la résistance parisienne ainsi que des femmes, qui ont d’ailleurs subi les mêmes supplices que les hommes, en particulier celui de la baignoire dans une eau glacée jusqu’à l’étouffement. Sans parler des coups et des humiliations sexuelles.

Quatorze membres de la bande seront jugés au tribunal militaire de Paris en 1952, en l’absence de leur chef Friedrich Berger, arrêté en mai 1947 par les services anglais et mystérieusement évadé après avoir fait une déposition amplement consacrée aux rouages de l’organisation « Rote Kapelle ». Il travaillera pour les services secrets américains pour finalement mourir dans son lit.

J’ai rencontré plusieurs familles qui ont un oncle, une mère, un père, une fille, un ami arrêté par les auxiliaires français de la police allemande, conduits 180 rue de la Pompe, souvent torturés puis internés à Fresnes ou à Drancy et pour un grand nombre d’entre eux déportés en Allemagne.

Cette histoire nous concerne aujourd’hui où la violence grandit.

Article dans LE POINT

1 aout 2013-LE POINT

Ci-contre critique dans Le Patriote Résistant, septembre 2013.

sept 132013
 

Conférence de Marie-Josèphe BONNET à la Médiathèque de Lisieux (14), Place de la République,

Tél. +33 (0)2 31 484 100 - http://lisieux.c3rb.net

le SAMEDI 19 OCTOBRE 2013 à 15 heures.

La résistance à Pont-l’Evêque pendant la seconde guerre mondiale est probablement le chapitre le moins connu de l’histoire de la ville. Nous irons à la rencontre de ceux et celles qui ont dit « non » à la collaboration et à l’occupant et qui l’ont parfois payé de leur vie, comme l’avocat Henri Fequet. Qui sont-ils? Qu’ont-ils fait? comment pouvons-nous honorer leur mémoire?

Marie-Josèphe Bonnet est docteur en histoire, spécialiste de l’histoire des   femmes, de l’art  et de la Résistance. Elle a grandi à Pont-L’Evêque où ses familles maternelles et paternelles résidaient pendant l’occupation.

Jules Letac 1888-1981 Maire de Pont-L’Evêque 1944-1946

La première séance du nouveau Conseil municipal a lieu de 7 juin 1945. Elle est ouverte par une allocution de Jules Letac, maire de Pont-L’Evêque  élu en décembre 1944 après la révocation de Jean Bureau pour collaboration, qui ouvre la séance par ces mots :

« C’est avec un réel plaisir et une grande joie que je puis saluer ce soir le retour et la présence à notre réunion du Conseil municipal de deux des nôtres déportés en Allemagne : M. Pidoux et M. le Docteur Grandrie. Votre place, chers collègues, n’était vide depuis de longs mois qu’en apparence car votre souvenir était toujours parmi nous et combien de fois n’avons-nous pas prononcé vos noms et évoqué les souffrances que l’allemand vous faisait supporter injustement. Aussi avons-nous été heureux, lors des dernières élections de constater que tous avaient pensé comme nous en renouvelant votre mandat. Cependant, une ombre voile notre joie. En effet, notre troisième collègue Me Féquet n’est pas rentré, n’ayant pu supporter les mauvais traitements infligés dans le sinistre camp de Dachau, il est décédé là-bas, en pays ennemi. Nous perdons en la personne de Maître Féquet un bon ami et un membre éminent de notre assemblée communale, à l’esprit subtil, au grand cœur et dont les avis éclairés étaient toujours écoutés».

Le conseil observe ensuite une minute de silence.

ci dessous à gauche: Maitre Henri Féquet en 1938 et à droite le docteur Etienne Grandrie, deux résistants déportés. (archives M.J. Bonnet)

avr 042013
 

Samedi 27 avril 2013, à 15h, Médiathèque Olympe de Gouges, STRASBOURG

Pour compléter, voici un article de Ouest-France (2-2-2013) sur ma conférence au Mans, aux « Rencontres Femmes d’Histoire » sur le thème Guerre et Paix. Passionnante journée.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Marie-Jo-Bonnet-raconte-les-resistantes-oubliees-_72181-avd-20130202-64493185_actuLocale.Htm

 

déc 102011
 

Anne-Marie Wimmer, Code : Mado, Enquête. Mais qui donc est Laure Diebold-Mutschler ? Préface de Vladimir Trouplin conservateur du musée de l’Ordre de la Libération, Ponte Vecchio éditions, 2011. 261 p., 21 €. ISBN 978-2-917909-041.

Comme l’indique le sous-titre, ce livre n’est pas une biographie, mais une enquête sur la disparition de la mémoire collective d’une grande résistante, une des six femmes Compagnons de la Libération, Laure Diebold-Mutschler. Engagée dès 1940 dans la Résistance, à l’âge de vingt cinq ans, elle est notamment agent de liaison du réseau Mithridate avant de d’entrer à Lyon dans les Forces Françaises libres et de devenir la secrétaire de Jean Moulin. Elle sera arrêtée le 24 septembre 1943 à Paris, au bureau du Secrétariat de la Délégation générale avec huit autres personnes, dont son mari, déportée en Allemagne d’où elle rentrera ainsi que son mari en 1945.

Anne-Marie Wimmer l’a découverte en faisant une enquête sur sa ville natale de Erstein, en Alsace, où elle sont nées toutes les deux. En reconstituant sa vie et au fur et à mesure de l’enquête, Anne-Marie Wimmer découvre que la petite résistante « Mado » qu’évoque incidemment Daniel Cordier dans son livre « Caracalla », eut à Lyon, un rôle bien plus important qu’il ne le dit. Engagée officiellement au Réseau Délégation Générale dès le 1er septembre 1942, en qualité de secrétaire-dactylo de Jean Moulin, elle était donc dépositaire de tous les secrets puisque c’était elle qui codait, décodait et tapait à la machine les courriers que « Rex » transmettait au BCRA de Londres. Elle était donc un élément clé de l’action de Moulin dans la réunification de la résistance. Elle sera d’ailleurs nommée Compagnon de la Libération dès le 20 novembre 1944, alors qu’elle était toujours déportée au Kommando de Taucha, près de Leipzig.

Ce livre passionné et vagabond s’interroge sur les causes d’une occultation incompréhensible, au regard des états de service de Laure Diebold-Mutschler. Pourquoi n’a t-elle pas intéressé les historiens ? Pourquoi Cordier minore t-il son rôle ? Pourquoi n’a t-elle rien écrit à son retour de déportation, et finalement, qui avait intérêt à occulter son rôle ? Les circonstances de son arrestation n’ont pas vraiment été élucidées et il est probable que tout n’a pas été dit sur ce qu’on appelle « l’affaire du 129 rue de la Pompe », à commencer par Cordier lui-même qui termine Caracalla sur l’arrestation de Moulin en juin 1943. Il ne parle pas de ce qu’il a fait après. Si cette enquête nous laisse sur notre faim, ne doutons pas qu’Anne-Marie Zimmer va poursuivre ses recherches sur une résistante dont le rôle fut si important et qui peut beaucoup nous apprendre sur l’engagement des femmes dans la France combattante et leur participation aux plus hautes instances de la Résistance.

Marie-Josèphe Bonnet -

PS du 15-12-2011: Depuis la publication du livre, j’ai trouvé aux Archives nationales cette « Note » de Bouchinet-Serruelles (qui a succédé à Moulin après son arrestation)  sur « L’affaire de la rue de la Pompe » adressée à Henri Michel, 31 mars 1976 (Archives Nationales)

« Rue de la Pompe, ils (les Allemands venus arrêter les membres de la Délégation) trouvent les bureaux du secrétariat de la Délégation et arrêtent Pierre Péry, Mme Laure Diebold (dite Mado) et son mari. Mado est ma secrétaire après avoir été celle de Jean Moulin ». p. 2