oct 052017
 

Conférence Beuzeville-Violette Morris

 Samedi 21 octobre 2017, 17h salle du conseil municipal, Mairie. avec Marie-Jo Bonnet et Alain Corblin
Nouvelles découvertes sur Violette Morris, la résistante Simone Sauteur et le Maquis Surcouf.
La publication de la biographie de Marie-Jo Bonnet sur Violette Morris Histoire d’une scandaleuse (Ed. Perrin, 2011), a sorti de l’ombre plusieurs documents qui remettent en question la thèse de la « gestapiste exécutée par le Maquis Surcouf ».
Alain Corblin, spécialiste du maquis Surcouf, préfacier et commentateur du « Journal de Puce » alias Simone Sauteur, secrétaire de Robert Leblanc » édité par la Société Historique de Lisieux, nous ferons le point sur cet épisode dramatique de l’histoire de Beuzeville.Les deux conférenciers dédicaceront leurs livres à l’issue de la rencontre.

août 262017
 
Marie-Thérèse Auffray-Autoportrait, 1958, col. privée

Marie-Thérèse Auffray-Autoportrait, 1958, col. privée

Exposition organisée par l’Association Marie-Thérèse Auffray.

C’est une grande chance qui nous est offerte ici de pouvoir redécouvrir l’œuvre de Marie-Thérèse Auffray. Elle fait partie de ces artistes singuliers qui ont secoué le sommeil du monde avec ce regard si particulier qu’elle jette sur les animaux, les fleurs et les gens.
On est donc ravi que le pouvoir agissant de sa peinture ait suscité le désir de fonder une association autour de son œuvre, d’organiser des expositions et de réaliser un catalogue, tout en étant étonné qu’elle soit restée dans l’ombre si longtemps.
Est-ce parce qu’elle a évolué hors des sentiers battus, développant un expressionnisme figuratif au moment où s’imposait en France l’abstraction ? Peut-être aussi a-t-elle pâti d’être une femme dans un milieu artistique largement dominé par les avant-gardes masculines. Et peut-être aussi s’est-elle volontairement mis à l’abri des diktats de tous ordre pour suivre son propre chemin de vie. Qui sait ? Nous sommes loin d’avoir percé tous ses mystères.

Une chose est frappante en tout cas dans cette aventure artistique si secrète, c’est la liberté avec laquelle elle est restée fidèle à elle-même. La mort de son père, à l’âge de huit ans, y est certainement pour quelque chose. Obligée de trouver appui en elle-même, elle a développé une indépendance d’esprit qui s’est exprimée dans sa vie comme dans son style, dans ses thèmes de prédilection et son regard sur le monde marqué par une conscience politique aigüe.
Est-ce la vision horrifiée des déportés de retour des camps qui a exacerbé chez elle cette sensibilité à la souffrance humaine. « Ceux qui n’ont pas senti leurs entrailles se déchirer en regardant passer les survivants des camps de concentration sont indignes de l’humanité », écrivait-elle en 1951.

Mais c’est peut-être aussi son homosexualité assumée dans un monde intolérant qui lui a donné ce regard implacable sur la comédie sociale qui rend ses portraits si décapants. Elle travaille la pâte comme elle travaille les consciences. Sans complaisance. Et sans illusion sur le milieu artistique des années cinquante si fermé aux femmes artistes. Avec le courage des résistantes et avec l’énergie d’une artiste authentique qui a misé sur la capacité de son œuvre a parler aux générations futures.

Marie-Jo Bonnet, préface au Catalogue de l’exposition en vente sur place (10 euros)

fév 282017
 

Petite biographie féministe de Marie-Jo Bonnet (ou Marie-Josèphe)

Docteur en Histoire, historienne d’art, écrivaine et conférencière. Je suis membre de la Société des Gens de Lettres et Centre Régional des Lettres de Basse Normandie.

Je suis née en 1949 à Deauville (Calvados). Ma mère était pianiste, professeur de piano et mon père électricien puis conducteur de travaux. J’ai deux frères. Je suis l’ainée.
J’ai passé les quinze premières années de ma vie en Normandie, dans la Pays d’Auge, à Pont-l’Evêque puis Lisieux et Orbec (en pension pendant l’adolescence). Mes parents ont déménagé dans la banlieue communiste (Val de Marne) trois ans avant mai 1968. Les « événements », vécus au lycée Romain Rolland d’Ivry en grève, ont suscité l’espoir de trouver une nouvelle place dans la Cité en révolte.
Quelque chose d’essentiel me manquait, cependant, et c’est en découvrant le Mouvement de Libération des femmes en février 1971 que ma vie a trouvé sa véritable orientation. Tout en poursuivant mes études (classes préparatoires à l’école Normale supérieure de Fontenay, licence d’histoire à Paris 1 La Sorbonne, maitrise à Paris VII-Jussieu puis thèse avec Michèle Perrot) je me suis engagée dans une vie militante très épanouissante.
J’ai participé à la fondation du Front Homosexuel d’Action révolutionnaire (FHAR) puis des Gouines Rouges (1971) et les Féministes Révolutionnaires fondées par Monique Wittig et Christine Delphy. Étant guitariste, j’ai fait partie du groupe musique de 1971 à 1973 qui a enregistré les chants du MLF. J’ai aussi vécu « en communauté », rue Blomet avec Evelyne Rochedereux.

1973, je fais partie de l’équipe du Torchon brûle n° 5. Participe à la rédaction d’un article sur les Féministes révolutionnaires et sur les Groupes de conscience.

1974, Je participe au numéro spécial des Temps modernes « Les femmes s’entêtent » sous la signature de Marxiejo.
J’enregistre deux chansons du MLF avec Aline Montels, « Discocanar n°3 ».

1974 je découvre l’association « La Spirale », fondée par Charlotte Calmis autour de la création artistique des femmes. Je participe au « groupe Sorcières » pendant 6 ans à travers méditations et écriture et je bénéficie d’une véritable initiation à l’art par Charlotte Calmis.

En 1975, je participe au groupe d’historiennes réuni par Simone de Beauvoir, et suis membre fondatrice du Groupe d’Études Féministes de l’université de Paris VII (où j’ai passé ma maitrise d’histoire en 1974).
Je participe aux revue Les femmes s’entêtent, Parole, Neuf. Continue reading »

oct 072016
 

Jean Desbordes (1906-1944)

Jean Desbordes (1906-1944)

Lors de sa séance de septembre 2016, le Conseil de Paris a adopté la proposition présentée par Mme Catherine Vieu-Charier, Adjointe à la Maire de Paris à la mémoire et au monde combattant, d’apposer une plaque en hommage aux résistants torturés 180, rue de la Pompe à Paris 16e.
Le texte de la plaque est :
Maurice Loebenberg« Ici au 180 rue de la Pompe Entre mai et août 1944, plus de 300 résistantes et résistants de différents réseaux ont été interrogés dans cet immeuble et la plupart torturés parfois jusqu’à la mort par la police allemande et ses auxiliaires français. N’oublions pas leur combat ».

3 résistants sont morts sous la torture :
Jean Desbordes (1906-1944) du réseau polonais F2, Maurice Loebenberg (1916-1944) du Mouvement de Libération Nationale et de l’Organisation Juive de Combat et Wlodzimierz Kaczorowski (1892-1944) du réseau POWN-Monika.
Wlodzimierz Kaczorowski (1892-1944) Voici leur photo :
Pour en savoir plus, vous pouvez lire : Marie-Josèphe Bonnet, Tortionnaires, Truands et collabos, la bande de la rue de la Pompe- 1944. Edition Ouest-France, 2013.
et LE PATRIOTE RESISTANT de novembre 2016:
Patriote Résistant novembre 2016_p8

mar 162016
 

Présentation du livre avec une vidéo réalisée par Caroline Thion-Poncet que je remercie:

Parmi les faits les plus mystérieux qui sont survenus durant la bataille de Normandie, l’installation de l’agent double Robert Kiffer au sud de Lisieux, comme membre du « circuit SOE Donkeyman » dirigé à Londres par Maurice Buckmaster et en France par Henri Frager demeure l’un des plus surprenants.
Il est difficile en effet de croire que les anglais ne savaient pas que le réseau Jean-Marie était infiltré par un, puis deux agents doubles travaillant pour les Allemands et les Anglais à la fois. Mais pourquoi leur parachutent-ils des armes jusqu’en mai 1944, sachant qu’une partie est récupérée par les Allemands tandis que les FFI en sont cruellement privés ? Quelle est la stratégie des services secrets SOE anglais ? Intoxication de l’ennemi ? Faire place nette pour avoir les mains libres lors du débarquement ?
Résistance MJBONNET001- article de Monique Bourlé, Ouest-France, mardi 8 mars 2016
A travers l’histoire du groupe « Michel de Normandie », de l’attentat manqué en septembre 1943 contre le collaborateur de Trouville Louis Laplanche, de la féroce répression qui s’ensuit faisant plus de soixante-dix victimes, du démantèlement du réseau puis de sa reconstitution dans le Pays d’Auge et l’Yonne, nous suivrons le dramatique engrenage d’une stratégie qui n’hésite pas à sacrifier des hommes et femmes remarquables.
Sur fond de trahison et de duplicité, se déploient des relations complexes entre le « War Office », les services secrets allemands et des résistants normands en grande partie manipulés par des enjeux qui les dépassent.
Articles parus dans l’Eveil de Lisieux durant l’été 2011
Réseau Jean-Marie Buckmaster
Démantèlement du Réseau Jean-Marie Buckmaster

juil 032015
 

dévoilement de la plaque Jeudi 2 juillet 2015, j’ai eu la joie d’assister au dévoilement de la plaque dédiée à Eugénie Malika Djendi, opératrice radio, exécutée à Ravensbrück le 18 janvier 1945 sur ordre de Berlin. Elle se trouve dans le Jardin André Citroën (15e arrondissement, métro Balard) qui porte désormais son nom.

photo Geneviève Zamansky Bonnin

photo Geneviève Zamansky Bonnin

Merci à Jean-Georges Jaillot-Combelas d’avoir été l’artisan inspiré de cette reconnaissance (bien tardive) de l’engagement des femmes dans les combats contre le nazisme.
Sur la photo: à gauche, soutenue par la nouvelle génération des opératrices radio, Anise Postel-Vinay. En face, tenant les cordon Marie-Jo Chombart de Lauwe, Michèle Agniel. Derrière avec les moustaches blanches Jean-Georges Jaillot-Combelas.Près du drapeau, Catherine Vieu-Charier.
plaque eugénie djendi

Photo à gauche: Marie-Jo Chombart de Lauwe et le Grand Rabbin de France

Sous-Lieutenante Eugénie-Malika DJENDI 1923-1945
« Merlinette »
Opératrice radio du Corps Féminin de Transmission d’Afrique du Nord
Parachutée par les Services spéciaux d’Alger
Résistante, Déportée
Exécutée à Ravensbrück

mai 202015
 

« Si c’est une femme », article de Daoud Boughezala sur « Plus forte que la mort » Ed. Ouest-France

http://www.causeur.fr/genevieve-gaulle-germaine-tillion-bonnet-32962.html

L’exposition Lutetia 1945, le retour des déportés, comprend un panneau spécial dédié aux deux résistantes déportées à Ravensbrück.

Exposition Lutetia 1945- Panneau sur Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle

Exposition Lutetia 1945- Panneau sur Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle

mai 202015
 

jeudi 21 mai à 14h30

pour présenter mon livre « PLUS FORTE QUE LA MORT – Survivre grâce à l’amitié dans les camps » (Ed. Ouest France 2014).

En se basant sur les témoignages de survivantes, Marie-Jo Bonnet dresse le portrait de l’amitié féminine qui unit les femmes dans les camps nazis et leur permit de supporter la vie quotidienne et de survivre. Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle, Odette Abadi, Simone Veil, Margarete Buber-Neumann, Odette Fabius, Marie-Jo Chombart de Lauwe, toutes les déportés témoignent de l’importance de l’amitié comme vecteur de survie que ce soit à Ravensbrûck, Auchwitz-Birkenau ou dans les commandos de travail forçé.

Sur réservation
au 01 40 64 39 44/52 ou par mail auprès de cecile.cousseau@paris.fr

mar 262015
 

Lutetia, 1945 – Le retour des déportés

Exposition réalisée par la délégation de Paris des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. (AFMD 75)

Commissaire : Marie-Josèphe Bonnet, Présidente de l’AFMD 75 de 2013 à 2015

Coordinatrice : Catherine Breton Présidente de l’AFMD 75

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Visite guidée de l’exposition le jeudi 15 avril au square Boucicaut…

par MJ Bonnet

Conférence à la mairie du Xe arrondissement, vendredi 24 avril à 17h.

Discours d’inauguration de l’exposition à la Mairie du Xe arrondissement, le 23 avril 2015 par la commissaire

Monsieur le Maire, Mme la présidente, Mesdames et messieurs, je vous remercie d’être venus inaugurer la première exposition historique sur l’accueil des déportés à l’Hôtel Lutetia au printemps 1945.

C’est un événement important de notre histoire à plus d’un titre.

D’abord parce que c’est le retour à la vie des survivants de la déportation. Comme le dira Gisèle Guillemot, « Notre deuxième vie a commencé là, dans ce lieu. Quand nous y sommes rentrés, nous n’étions que des matricules ; nous en sortions redevenus des citoyens. »

L’accueil à l’hôtel Lutetia a été mis en place sous l’égide du ministère des Prisonniers de guerre, des Déportés et des rapatriés, dirigé par Henri Frenay, avec une équipe entièrement issue de la résistance, comme André Weil, Marcelle Bidault, le docteur Gallet, nommé médecin chef dès son retour de Buchenwald, ou Sabine Zlatin, appelée la Dame d’Izieu, à laquelle se sont associés de nombreuses associations et bénévoles.

Ce fut un lieu spécial, réservé aux Déportés, « Le palace des bagnards d’honneur » comme l’appellera un journaliste du journal Libres, organisé dans l’urgence, sous la pression du retour de près de 15.000 déportés qui seront accueillis dans cet immense hôtel pendant quatre mois, du 26 avril 1945 à la fin du mois d’août.

Nous aurions aimé commémorer cet événement dans l’hôtel Lutetia lui-même mais cela n’a pas été possible car l’hôtel est en travaux. C’est pourquoi, je remercie spécialement Monsieur le maire de nous avoir ouvert les portes de la mairie du Xe arrondissement, si proche de la gare de l’est, pour nous souvenir de cet événement qui fut un choc pour nos aînés.

Parce que c’est au Lutetia qu’ils ont pris conscience de l’ampleur de la tragédie de la déportation. Ampleur par le nombre « d’absents » qui ne reviendront pas, ampleur de l’extermination des Juifs et ampleur de la déshumanisation mise en oeuvre par les nazis.

Le bilan est terrible. 166000 déportés de France, parmi lesquels 76000 Juifs dont 11000 enfants.

48000 d’entre eux sont rapatriés en France, dont 3000 Juifs. D’après les estimations de l’historien Arnaud Boulligny, un tiers va passer par le Lutetia.

Le choc est terrible. Pour tout le monde. Continue reading »