
« Entre ombre et lumière, Histoire d’un portrait peint… ou pari sur un regard « , Texte et tableau de Charlotte Calmis publié dans la revue Pénélope, Pour l’histoire des femmes, n°3, « Les femmes et la création », automne 1980.
« Réagir contre la subordination de l’individu à la collectivité implique qu’on commence par refuser de subordonner sa propre destinée au cours de l’histoire. Pour se déterminer à un pareil effort d’analyse critique, il suffit de comprendre qu’il permettrait à celui qui l’entreprendrait, d’échapper à la contagion de la folie et du vertige collectif en renouant pour son compte, par dessus l’idole sociale, le pacte originel de l’esprit avec l’univers. » (Simone Weil, Réflexion sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale, Gallimard, col. Idées, 1980.
Portrait réalisé à partir de la photo de couverture de ce livre. Le tableau est dans une collection particulière à Paris.
« La toile blanche sur mon chevalet reste amorphe et inerte. Toute OUÏE (et non toute VOIR) devant ce document. Seuls bougent, vivants sur leur rectangle de bois, les chiffre et les lettres A 96830 WEIL.
Vermillon et terre de Sienne structurent l’esquisse scindée en deux morceaux. Difficulté de créer connexions et unité. Hésitations. Tâtonnements… (obsédée par la matière pensée et non par la matière picturale).
« Je parie, dit Sartre, sur l’homme, par sur Dieu »… Je parie devant mon chevalet sur ce regard de femme qui, en 1937, parie sur Dieu. « Comme l’homme peut rapidement basculer en Dieu, un vrai miracle » (Ioulia Voznessenzkaïa, Samizdat des femmes de Léningrad, 1979).
Peindre tout ceci : Noir d’ivoire de la pensée de Simone Weil, lumière d’amour derrière les verres épais, et transparence de l’âme. Lunettes de lumière sur cette liberté et triangle pâle de la face « claire-amour). Charlotte CALMIS
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