jan 242010
 

J’ai le plaisir de vous signaler le roman de Brigitte Hermann,« Camarades », qui se passe en 1968 et qui est un des meilleurs romans que j’ai lu sur le sujet.
voici la chronique de Geneviève Senger sur le roman. Bonne lecture

Camarades : éclatant bijou

Le titre du dernier ouvrage de Brigitte Hermann, philosophe et historienne d’art à qui l’on doit, entre autres, un essai sur Kandinsky, annonce la couleur : camarades. Tout un programme. On est loin de l’hymne à l’amitié et au discours lénifiant sur la solidarité et la fraternité. Avec Brigitte Hermann, on est jeté dans la fosse aux lions, et l’action d’ailleurs se déroule à Lyon, ville mythique qui vit périr les martyrs chrétiens, en leur temps.

Lyon, d’ailleurs, dans le récit, devient un personnage à part entière, agité et bouleversant, à l’instar des camarades, ces étudiants qui fréquentent
assidument une certaine cafétéria d’un restaurant universitaire, pour y refaire le monde. Nous sommes en 1967, et la révolte gronde entre Rhône et Saône. L’Histoire se prépare, l’amitié tisse ses liens, parfois distendus, et l’amour veille.
Car dans ce microcosme que Brigitte Hermann excelle à montrer en touches précises et justes, l’amour guette les protagonistes, l’amour attend et espère, l’amour exige son dû, aussi. Nadège, l’éternelle fauchée, laide et peu engageante, s’accroche aux basques de Claudie, l’archéologue amoureuse du leadeur charismatique, le maoïste pur et dur qui lui jette, rarement, quelques mots dont elle fait ses délices.
Nadège, elle, a jeté son dévolu sur un cinéphile beau et ténébreux qui hante les salles obscures.
Dans une écriture sobre et pure, diamant taillé sans fausse note, Brigitte Hermann nous entraîne à pas tranquilles et fermes dans les bouleversements de l’Histoire qui se prépare, véritable panorama d’un
temps que beaucoup d’entre nous ont connu. Portait d’une génération, certes, mais surtout analyse de personnages qui nous touchent et nous parlent, vivants et vibrants dans leurs doutes et leurs certitudes,
dans leurs espérances et leurs angoisses. Camarades n’est pas un catalogue sociologique mais un roman où l’on sourit, rit et pleure, où l’on avance en tremblant vers le dénouement qui ne peut que se révéler fatal.

Cette fatalité, incarnée par un jeune homme romantique, est biendavantage qu’un ressort romanesque ; elle nous atteint intimement, parce qu’elle nous habite.-
Geneviève Senger

« Camarades » – De Brigitte Hermann – Editions Infolio-

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